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Twitter n'est PAS un reflet social

Ce que j'écris

The digital theory

Twitter n'est PAS un reflet social

Pierre Boullier

Voilà quelques semaines que je n'ai pas écrit, pris par le travail et le manque de temps. Aujourd'hui je reviens sur le blog nouvelle version s'il vous plaît. (Je souhaite en passant remercier INFINIMENT Loïc qui a entièrement réalisé le blog). Je suis intimement persuadé qu'il vous est déjà arrivé de tomber sur l'un de ces articles qui essaie de démontrer que les réseaux sociaux sont le reflet de notre société. Il me paraît fondamental de critiquer cette vision des choses. Twitter, qui ne progresse malheureusement que trop souvent par le biais de la créativité de ses utilisateurs et non pas par le dynamisme de ses créateurs, a tellement évolué depuis sa création. Il serait presque impossible de retracer un historique du réseau social car nous avons tous vécu, ou non, ces mutations permanentes de différentes façons. Et ces mutations sont avant tout celles de notre utilisation. Nos usages biens que multiples, ne reflètent pour autant pas notre société.


1. Nous ne sommes que des individus mis partiellement en vitrine

Face à la surexposition ou l'exposition très contrôlée offerte par Twitter, nous sommes tous mis en vitrine. Très rares sont ceux qui s'aventurent dans la franchise et dans la sincérité face à ce réseau. Nos goûts, nos opinions, notre style lexical, tout est contrôlé pour paraître. Au travers de mon compte, je ne mets en avant qu'une infime partie de moi qui relève d'une apparence que je me donne. Je garde seulement ce qui me semble intéressant et valorisant avant tout. Je ne suis pas moi-même et mes interlocuteurs ne dérogent pas à la règle. En outre, le simple fait de Tweeter c'est déjà se mettre en scène, se projeter. Il est évident que l'échange est toujours la finalité, mais par quel moyen ? Que vaut l'échange lorsqu'il fait intervenir deux vitrines ?

On pourrait alors penser ensuite aux engagements idéologiques ou politiques que l'on retrouve sur le réseau et qui pourraient nous faire croire que finalement, les utilisateurs de Twitter gardent une certaine authenticité. Ces engagements sont beaucoup trop maîtrisés dans le sens où, au delà des 140 caractères qui ne sont pas suffisants pour exprimer une opinion nuancée et argumentée, le devoir de réserve prime. Twitter introduit le débat mais il ne le porte pas, lorsqu'il s'agit de réellement débattre : il le déplace sur un autre média (Facebook, site web des journaux, etc.). Est-il en effet bien raisonnable de porter des engagements politiques ou idéologiques qui se retrouveront dans le fil d'actualité de vos amis et de vos collègues sans user d'un quelconquedevoir de réserve ? Ici, il semble très compliqué de trouver une réponse définitive. Cela dépend de vos valeurs, votre engagement et encore une fois de ce que vous voulez montrer de vous et donc pas de ce que vous êtes vraiment. Par ailleurs, cette "personnalisation démocratique" tant redoutée par les politiciens qui essaient d'en jouer, est très loin d'atteindre son apogée. Le média de masse que représente Twitter ne permet pas cet engagement fort conformément aux raisons énoncées précédemment, Twitter n'est pas adapté. Encore ici il n'est donc pas pertinent d'affirmer que Twitter est le reflet de notre société.


Sortons de la sphère de l'engagement pour passer à celle du personnal branding dont l'abus devient normalisé. Ce nombrilisme qu'évoquait Basile. Un nombrilisme nouveau, autorisé par une exposition toute nouvelle pour l'humanité et permise par Twitter, devient par extension, une norme sociétale (un peu à la manière du besoin d'estime de Maslow). Il devient anormal de ne pas être  sur le réseau. Encore plus que pour Facebook dont on peu comprendre en partie le boycott. Pour cause, certains vous diront que ne pas être sur les réseaux, c'est avoir des "choses à cacher" (Bernard Cathelat). Une nouvelle forme du mythe de la caverne serait de ne pas être sur Twitter (le 17 juin le bac?). Mais est-ce alors l'apparence de nous-même qui répond à son besoin d'exposition, de nombrilisme ?

2. Quels enjeux ?

L'un des thèmes principaux de la fabuleuse conférence annuelle Netexplo (Observatoire mondial de la Société Numérique) était My Life Beyond Apparences.En effet, cette tendance sera omniprésente dans le Web de demain. Il s'agit alors pour nous, devant toutes ces apparences, de  distinguer le vrai du faux, décoder les apparences. 

Enfin, face à cette vaste exposition permise par Twitter qui m'empêche d'approuver le reflet social proclamer par des dizaines de blogueurs, la tendance "Multi-Id" semble se banaliser. Il faut jouer de multiples identités sur le les réseaux et sur Twitter pour finalement être sincère malgré que cette dernière soit masquée sous de fausses identités. Le proverbe connu "Sur Facebook je mens à ceux que je connais et sur Twitter je dis la vérité à des inconnus" se confirme mais il implique très souvent un anonymat qui est finalement néfaste à la socialisation digitale.


Et si la clé du succès n'était pas d'être soi-même tout en décodant les apparences ?

Etre soi-même semble alors être la solution. Il faut être authentique, ne pas se cacher derrière des apparences tout en contrôlant les informations que l'on expose. Une alchimie que de plus en plus d'entre nous maîtrisent. Savoir être sincère dans ses ressentis et dans l'information que l'on transmet pour redéfinir Twitter à sa façon et en faire un reflet social authentique. Aussi bien en tant qu'individu qu'en tant que marque il faut être humain, ne pas se cacher derrière une pré-construction, mais innover en restant soi-même. Rester soi-même c'est déjà être innovant.